Accouchement sans papa : mon récit (épisode 6 – Bébé seule)
Cet article peut se lire indépendamment du reste : vous n’avez pas besoin d’avoir lu les épisodes précédents pour le comprendre.
Accoucher sans papa, cette idée me paraissait si triste au début de ma grossesse. C’était même inconcevable pour moi d’être seule à la naissance de mon petit. J’avais beaucoup de questionnements. Comment faire face aux premières contractions seule à la maison ? Est-ce que cela ne serait pas trop angoissant ? Comment gérer le départ à la maternité avec mon aînée ? Comment se passera le travail à l’hôpital sans une main qui me soutienne ? Comment allais-je vivre la venue de mon tout-petit sans son papa ? Voilà autant d’angoisses qui m’ont poursuivie tout au long de ma grossesse solo. Dans cet article, je vous raconte comment j’ai vécu ces différentes étapes (mon bébé ayant plus de 2 ans au moment où j’écris ces lignes).
Comment ai-je abordé mon accouchement solo ?
Pendant une bonne partie de ma grossesse, j’ai beaucoup angoissé à l’idée d’accoucher seule, sans le papa de mon bébé et sans conjoint qui me soutienne. J’avais peur d’être très triste lorsque mon bébé viendrait au monde et de ne pas profiter de ce moment comme il se doit.
Des inquiétudes logistiques
Je craignais aussi que l’accouchement se déclenche en pleine nuit. Je vivais seule avec ma fille de presque 11 ans et je redoutais de devoir la réveiller au milieu de la nuit, partir dans la précipitation, ou même de ne plus pouvoir la gérer en pleines contractions.
J’avais aussi peur que ma mère qui habite dans le village à côté, à 10 minutes en voiture, n’ait pas le temps de venir me récupérer pour m’amener à la maternité. Nous nous posions aussi la question de comment faire avec ma fille aînée si ma mère restait avec moi pendant le travail à l’hôpital (je n’avais qu’elle pour la prendre en charge).
Des solutions et de l’impatience
Après beaucoup de discussions avec ma mère au fil de ma grossesse, nous avons trouvé des solutions pour ma fille (j’en parle dans l’article sur la préparation de mon accouchement solo). Cela m’a détenue même si l’incertitude du début du travail restait tout de même préoccupante pour moi. J’étais très impatiente d’avoir mon bébé dans mes bras.
Préparer notre cocon et ses petites affaires m’a beaucoup aidée à me relaxer sur sa venue. J’avais tout de même quelques appréhensions, car les premières semaines de vie de ma fille aînée avaient été assez intenses. Mais j’avais l’intuition que je recevrai une bonne dose d’amour à sa naissance et que je serai très heureuse.
Pré-travail d’une semaine à la maison
Mon accouchement sans papa a commencé par un faux travail d’une semaine (appelé aussi pré-travail). Pendant toute ma grossesse, j’ai eu des contractions de Braxton-Hicks, souvent plusieurs par jour, totalement non douloureuses et surtout isolées.
Terme J-5 : début du pré-travail
Cinq jours avant mon terme, le jeudi soir, j’ai commencé à avoir des contractions non douloureuses qui s’enchaînaient. Elles étaient encore assez irrégulières et espacées (toutes les 10 à 15 minutes). Ma mère voulait déjà partir à la maternité, mais je savais que ça pouvait durer longtemps… Je n’aurais cependant pas imaginé autant !
J’ai appelé la maternité qui m’a conseillé de prendre du spasfon et un bain chaud et d’attendre de voir si cela se calmait.
Les contractions ont duré toute la nuit, mais se sont apaisées au petit matin. Ma mère est venue récupérer mon chien pour que je n’ai plus à m’occuper de ses balades.
Terme J-1 : premier passage à la maternité
Les jours suivants ont été plutôt calmes, les contractions étaient isolées. Celles-ci ont recommencé à s’enchaîner le lundi vers 4 h du matin, mais elles étaient toujours indolores et espacées de 15 minutes environ.
Dans la soirée, nous avons fait un premier passage à la maternité. Mon col n’ayant pas bougé (quelle frustration), on m’a renvoyée chez moi.
Terme jour J : une nuit à la maternité
Dans la nuit de lundi au mardi, j’ai eu des contractions toute la nuit, cette fois assez douloureuses. Je n’ai pas dormi. Je suis de nouveau allée à la maternité le matin même.
La sage-femme a constaté que mon col s’était raccourci et commençait légèrement à s’ouvrir. Avec ma mère, nous avons insisté pour qu’on me garde, car j’avais peur de revivre une nouvelle nuit de contractions douloureuses seule à la maison. Je craignais aussi beaucoup de devoir partir dans l’urgence (ma maternité était située à 25 minutes de route).
Nous avons obtenu gain de cause et on m’a installée en chambre. Je pensais rester jusqu’à la naissance de mon petit, mais nouvelle frustration : les contractions se sont calmées dans la journée. J’ai cependant perdu le bouchon muqueux, ce qui était encourageant pour moi même si je savais que cela n’annonce pas forcément un accouchement imminent.
Pendant la nuit à l’hôpital, les contractions sont revenues, cette fois vraiment intenses et douloureuses. Cependant, elles étaient toujours très irrégulières (entre 7 et 20 minutes d’intervalle). J’étais à la maternité, mais je me suis sentie assez seule avec ma douleur. Et lorsque j’ai demandé un contrôle du col et un monitoring au petit matin, on me l’a refusé ! La sage-femme qui est venue me voir a d’ailleurs été désagréable et m’a dit qu’on ne fait pas naître un bébé avec des contractions toutes les 20 minutes. Je ne me suis pas du tout sentie comprise à ce moment-là, j’aurais apprécié davantage de bienveillance…
Terme J+1 : retour chez moi
Le mercredi, avec la nuit douloureuse que je venais de passer, j’étais vraiment paniquée car on me disait que j’allais rentrer chez moi. Mais j’ai bien vu que ce n’était pas négociable.
Une autre sage-femme est venue me faire une échographie avant mon départ pour vérifier que bébé allait bien (le contrôle normal quand on dépasse le terme). Il était en pleine forme et j’avais d’ailleurs encore beaucoup de liquide amniotique.
La seule chose qui m’a inquiétée, c’est que malgré le fait qu’il soit bien tête en bas, mon bébé n’était pas si bien positionné que ça pour la sortie car il « regardait le ciel » . La sage-femme m’a rassurée et m’a dit que ce n’était pas grave, que cela pouvait encore changer, mais c’est quand même resté dans un coin de ma tête.
Les contractions se sont ensuite à nouveau calmées sur le reste de la journée. Je suis rentrée chez moi en début d’après-midi.
Terme J+2 : encore des contractions douloureuses irrégulières
La nuit suivante, du mercredi au jeudi, j’ai eu de nouveau des contractions douloureuses, mais moins intenses que la nuit précédente et aussi plus espacées. Et rebelotte, accalmie dans la journée puis reprise dans la nuit de jeudi à vendredi. Elles faisaient bien mal, se rapprochaient, mais restaient irrégulières (espacées entre 5 et 15 min).
Au milieu de la nuit, j’étais assez désespérée de continuer à souffrir ainsi et que le travail ne se lançait pas… J’ai appelé la maternité, surtout pour trouver une oreille. Heureusement, je suis tombée sur une sage-femme adorable qui m’a conseillée de mettre une bouillotte sur mon ventre, ce qui m’a fait du bien. On a raccroché en se disant que je viendrai de toute façon à la maternité le jour qui suivait pour le contrôle après terme.
Terme J+3 : Admission à la maternité
3 jours après mon terme, soit à 41 SA+3, je suis admise à la maternité et j’entrevois enfin le bout du tunnel, après des jours et des jours (enfin surtout des nuits) de contractions.
Contrôle après terme à la maternité
Le vendredi matin, je prends donc la direction de l’hôpital, accompagnée de ma maman, pour le contrôle après terme. Les contractions, cette fois, ne se sont pas stoppées.
Point avec la gynéco
Je demande à voir la gynécologue, car je veux faire le point sur ce travail qui tire en longueur et sur les options qui s’offrent à moi. Elle m’annonce que je peux demander une césarienne à tout moment si je le veux (j’en avais déjà eu une pour ma fille aînée qui était en siège). Elle ajoute qu’on peut aussi attendre jusqu’au dimanche (soit à 41 SA+5) pour aviser et décider soit d’une césarienne, soit d’un déclenchement par ballonnet ou par perfusion d’ocytocine.
Je choisis de laisser encore un peu de temps à mon bébé, mais je décide d’opter pour la césarienne, le dimanche, si le travail ne s’est pas déclenché de lui-même. J’ai beaucoup réfléchi et je ne suis pas partante pour un déclenchement. J’endure déjà depuis une semaine, avec beaucoup de nuits blanches. Je n’ai pas envie de me rajouter des heures de souffrance qui pourraient, en plus, être potentiellement mal supportées par mon bébé et dont l’issue serait totalement incertaine. D’autant plus qu’avec mon utérus cicatriciel, on ne pourrait pas attendre plus de 24 heures après le début du déclenchement. Cela ne laisserait donc pas beaucoup de temps. Je préfère donc, de ce fait, choisir tout de suite la césarienne si le travail ne venait pas à se lancer.
La gynécologue accepte ma décision et va dores et déjà réserver le bloc pour réserver la place si besoin.
Un contrôle à l’issue inattendue !
En attendant que la sage-femme arrive pour me faire un monitoring et regarder l’évolution de mon col, nous nous concertons avec ma mère. On décide que je m’installerai chez elle, dès le jour même, et que j’y resterai jusqu’au dimanche. Ma fille, elle, part en week-end chez une de ses copines, dont la mère avait bien accepté de me la prendre pour l’accouchement.
La sage-femme arrive, ma mère sort de la pièce. Elle constate que mon col est désormais ouvert à 1 cm. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est déjà un progrès. Elle me propose de faire un décollement des membranes pour essayer de déclencher le travail. J’accepte et, au cours de cette manipulation, ma poche des eaux se fissure !
C’est si inattendu, elle me dit : on vous garde ! On m’avait tellement renvoyé chez moi que, quand ma mère est revenue, elle pensait que c’était une blague… J’étais contente et soulagée d’être enfin admise à la maternité et prise en charge.
Les contractions changent immédiatement et je ressens une douleur dans le dos, mais je n’ai plus mal au ventre.
Enfin admise à la maternité
On m’installe en chambre, j’ai quelques contractions qui restent correctes. La sage-femme vient me faire un nouveau décollement des membranes et constate que mon col est ouvert à 2 cm désormais. Je suis contente de cette évolution, après tant de jour sans bouger.
Elle me conseille d’aller marcher un peu pour essayer de lancer le travail, ce que je fais, seule à la maternité, ma mère étant repartie pour récupérer ma fille et l’amener chez sa copine. J’ai quelques contractions qui m’obligent à m’asseoir régulièrement. Je ne réalise pas vraiment que mon bébé sera bientôt là, mais je suis aussi excitée à cette idée.
Une nuit de contractions très douloureuses
La nuit suivante a été, disons-le, affreuse. J’ai eu des contractions toute la nuit, d’une très grande intensité… Je devais m’accrocher à la poignée suspendue au dessus du lit à chaque contraction tellement la douleur était forte. J’alternais entre couchée dans le lit et assise sur le ballon de grossesse.
Ma mère était rentrée chez elle et j’ai été assez seule cette nuit-là, avec très peu de visites de la sage-femme, celle-ci étant occupée dans les salles de naissance. J’ai dû sonner plusieurs fois et des aides-soignantes sont venues me voir. J’ai eu un monitoring en pleine nuit et on a constaté que les contractions, malgré leur intensité, étaient toujours irrégulières.
J’étais tellement noyée dans la douleur que j’en ai complètement oublié pourquoi j’étais là, c’est à dire pour avoir mon bébé…
Au petit matin, j’étais à bout de force, mes jambes tremblaient énormément. Je sentais que j’étais arrivée à mes limites et je redoutais beaucoup la suite. Mon corps était épuisé de cette semaine de pré-travail et de cette nuit intense. Je ne voyais pas comment j’allais pouvoir surmonter encore des heures de contractions, si le travail voulait bien se lancer, et encore moins avoir la force pour sortir mon bébé. D’ailleurs, j’étais très angoissée de ce moment. J’avais un mauvais pressentiment, je ne saurais dire pourquoi, j’avais la sensation que sa sortie allait mal se passer.
Terme J+4 : Bébé arrive !
4 jours après mon terme, à 41 SA+4, mon bébé arrive enfin ! Pas de la manière que j’espérais à la base, mais suite à un choix fait en accord avec moi-même, après réévaluation des derniers évènements.
Une décision importante
Le samedi matin, vers 6 h, la sage-femme est venue contrôler mon col (ce qu’elle n’avait pas fait de toute la nuit pour ne pas me décourager, m’avait-t-elle dit). Avant qu’elle ne commence, je l’ai prévenue : s’il n’a pas bougé, je voudrais qu’on me fasse une césarienne.
Durant cette nuit de douleurs, j’avais repensé à l’accouchement de ma fille aînée, une césarienne programmée sans travail… Je n’avais pas du tout souffert, elle s’était bien passée et je regrettais presque cet accouchement qui me paraissait un rêve à côté de ce que j’endurais cette fois-ci. Et dire qu’à l’époque, j’avais eu tant de mal à accepter qu’on me programme une césarienne deux semaines avant le terme…
L’examen de la sage-femme a montré que le col n’avait pas bougé. J’étais totalement désespérée. Comment était-ce possible avec cette nuit de contractions affreuses ? Cela a en tout cas confirmé mon choix.
La sage-femme a essayé de me convaincre d’injecter de l’ocytocine pour faire démarrer le travail et, même, de me poser la péridurale. Mais j’estimais avoir déjà assez souffert. Je me disais que, même si les contractions ne faisaient plus mal avec l’anesthésie, mon corps continuerait de travailler alors qu’il était déjà épuisé. Sans compter que mon bébé aussi les endurait…
C’était donc non négociable pour moi et, devant ma détermination, la sage-femme a capitulé et m’a dit qu’elle en parlerait au gynécologue de garde dès son arrivée à 8 h.
Matinée toujours douloureuse
Ma mère est arrivée assez tôt à la maternité. Je n’avais pas osé lui écrire la nuit qui précédait pour ne pas l’inquiéter car je voyais que, malgré l’intensité des contractions, celles-ci restaient espacées. Je ne lui ai envoyé un message qu’au petit matin et elle a décidé de venir immédiatement.
De mon côté, je continuais à souffrir le martyre et la sage-femme m’a proposé de prendre un bain. J’ai accepté, mais je ne me suis pas du tout détendue, les contractions restaient très fortes et je me sentais plutôt inconfortable dans l’eau.
À mon retour en chambre, la sage-femme qui a pris la relève m’a dit d’aller prendre mon petit-déjeuner. J’ai eu un instant d’arrêt : et la césarienne ? Il fallait normalement être à jeun. Mais j’avais faim, alors je suis allée prendre mon plateau. J’ai à peine commencé à manger qu’une autre sage-femme est arrivée pour me dire d’arrêter tout de suite, qu’ils étaient en train de discuter pour la césarienne. Super la cohérence des discours !
Mais trop tard… Le gynéco est passé vers 8 h et m’a dit qu’on devrait attendre le début d’après-midi pour la césarienne, comme j’avais mangé. J’étais un peu désespérée, sachant que je souffrais toujours beaucoup. J’avais vraiment envie d’être délivrée.
Une petite accalmie
Pour que je puisse patienter, ma mère a demandé qu’on me donne de quoi calmer mes douleurs. On m’a posé deux poches de médicaments dans ma perfusion. Cela m’a soulagée un peu. J’ai pu me détendre et même somnoler, ce qui n’était pas du luxe après la nuit que je venais de passer, et après les précédentes sans sommeil depuis une semaine.
Le travail se lance !
Une à deux heures après, les contractions ont repris de plus belle. Les poches de médicaments s’étant vidées, je pensais au départ que c’était pour cette raison… Mais en me posant un monitoring, la sage-femme a constaté que le travail se lançait enfin… Je n’en revenais pas !
Elle a essayé une dernière fois de me convaincre d’essayer l’accouchement par voie naturelle, mais je n’ai pas voulu. Je ne voulais qu’une chose : que tout ça s’arrête.
Tout s’accélère
Ce fut le vrai branle-bas de combat : il n’était que 12 h, mais on ne pouvait plus attendre pour la césarienne, comme le travail avait commencé.
On a commencé à me préparer et j’ai appelé ma mère pour qu’elle revienne, car elle s’était absentée et comptait revenir pour la césarienne.
Malgré ses 20 minutes de route, elle a pu arriver juste avant qu’on m’emmène au bloc. Il était convenu qu’elle reste dans une salle à côté et qu’elle accueille mon bébé. Elle m’attendrait avec lui le temps que je sorte du bloc.
C’est parti pour la naissance (enfin !)
Lorsque je suis arrivée au bloc, j’ai eu une petite montée de stress ! Je connaissais déjà cet endroit suite à ma première césarienne. C’était cependant un petit choc de me retrouver tout à coup dans cette pièce blanche et froide, avec toutes ces personnes et ce lit placé au centre. Heureusement le personnel était adorable, ce qui m’a fait beaucoup de bien car j’étais assez remuée.
Lorsqu’on m’a posé la rachianesthésie, j’ai évité de penser « c’est la dernière fois que je sens mon bébé bouger en moi ». Je me suis plutôt concentrée sur le fait que je l’aurai bientôt dans mes bras. Cela paraît bête, mais c’est quelque chose qui m’avait marquée pour ma première césarienne.
De même, je me suis interdite de regarder mon ventre et mes jambes une fois que je ne sentais plus le bas de mon corps. C’est aussi quelque chose qui m’avait traumatisée la première fois : voir mon ventre bouger sans le sentir, voir mes jambes être manipulées comme si elles ne faisaient plus partie de moi.
Une fois étendue sur la table, pour la première fois depuis des heures, j’ai enfin réalisé que j’allais bientôt avoir mon bébé. J’ai commencé à être très émue, j’avais très hâte de le voir.
Les sensations ont été différentes par rapport à ma première césarienne pour laquelle l’anesthésie avait été très forte. Je m’étais sentie « shootée » et un peu déconnectée de la réalité. Pour celle-ci, j’ai gardé les idées très claires et je sentais quand on me touchait. Ce fut une sensation étrange, mais sans douleur.
Rencontre avec mon tout-petit
Le moment que j’attendais depuis le début de ma grossesse solo est enfin arrivé ! J’étais si curieuse d’admirer le visage de mon tout-petit et de voir à qui il ressemblait (je craignais un peu qu’il me rappelle un peu trop son papa). J’étais si impatiente de l’avoir dans les bras, de le materner, d’apprendre à le connaître et de développer ce lien avec lui.
Première rencontre
La sortie de mon bébé a été plus longue que celle de ma fille aînée. Pour elle, cela s’est fait en deux minutes montre en main ! Pour mon petit deuxième, cela a pris une vingtaine de minutes… Plus tard, le gynéco m’a expliqué qu’il avait eu du mal à le sortir à cause de son gabarit.
À sa sortie, tout le monde s’est exclamé « comme il est beau ! », puis je l’ai entendu assez rapidement pleuré. On me l’a posé près de ma tête, de l’autre côté du champ opératoire. Il s’est calmé instantanément, avait les yeux grands ouverts et me regardait. Ce fut un moment très fort pour moi qui est resté gravé dans ma mémoire.
Je lui ai parlé et lui ai touché les cheveux (il en avait beaucoup !), juste avant qu’il soit emmené en dehors du bloc. Il fait, en effet, trop froid pour garder les bébés trop longtemps dans la pièce. Je l’ai entendu un peu pleurer au loin… Je savais qu’il allait retrouver ma mère. J’avais si hâte de le rejoindre.
Une longue attente sans mon bébé
L’attente fut longue avant de pouvoir enfin retrouver mon bébé. J’ai dû patienter bien une heure, le temps que l’intervention prenne fin… Je n’ai pensé qu’à lui !
Mon vécu a été différent pour cette césarienne. Pour ma fille aînée, je n’avais pas eu de contact avec elle avant de la retrouver en salle de réveil vingt minutes plus tard. On me l’avait présentée de loin et je n’avais pas l’esprit clair pour me concentrer sur elle.
Pour mon deuxième, le fait de l’avoir approché et de l’avoir touché avant d’être séparée de lui (un moment que je redoutais) a été plus facile à vivre. Je me suis remémoré son visage avant de le retrouver : c’était comme si je le connaissais déjà !
De plus, j’étais sereine car je savais qu’il était avec ma mère. Je me disais qu’elle devait être ravie d’avoir son petit-fils dans les bras. Elle m’a dit après coup qu’il s’était calmé sur elle. C’était touchant pour moi !
Je retrouve mon bébé
Quand on a enfin fini de s’occuper de moi, j’ai rejoint ma mère et mon bébé dans une des salles de naissance. On m’a tout de suite mis mon tout-petit sur moi et il a très vite et bien pris le sein.
L’auxiliaire de puériculture estimait qu’il faisait 4 kg avant de le peser. Cela me paraissait impossible que j’aie fait un bébé de ce gabarit. On m’avait annoncé des mensurations moyennes aux échographies et ma fille aînée était une petite crevette de 3 kg tout ronds.
Mais elle ne se trompait pas : il faisait 4 kg 160 ! Il n’a été mesuré que le lendemain, mais j’ai vite vu qu’il devait être grand. La garde-robe que j’avais prévue en tailles naissance et un mois dans ma valise de maternité ne lui allait pas. Verdict : 54 cm. Je n’en revenais pas.
J’ai eu du mal à l’habiller le premier jour (avec un body trop petit et un pyjama qui ne fermait pas 😅), mais ma mère m’a ramené des habits en 3 mois le lendemain. Heureusement que j’en avais prévus chez moi !
Un bilan mitigé pour mon accouchement solo
J’ai plutôt bien vécu mon accouchement solo : j’étais si heureuse d’accueillir mon bébé malgré l’absence de papa. Je n’ai pas ressenti de manque ou de tristesse. Par contre, mon bilan est quand même mitigé.
Une prise en charge à la maternité qui laisse à désirer
Ce qui m’a le plus déçue dans mon accouchement solo, c’est la prise en charge à maternité. J’avais été séduite par son fonctionnement lors des cours de préparation à l’accouchement, mais mon vécu a été bien différent de ce qui était annoncé :
- Je ne me suis pas sentie écoutée, surtout pendant le pré-travail et aussi après l’accouchement (j’en parlerai dans le prochain article).
- Il y a eu un manquement dans l’estimation du gabarit de mon bébé et dans la prise en compte de mon utérus cicatriciel.
Le gynéco qui m’a fait la césarienne était un gynéco remplaçant. Il m’a confié, après l’intervention, que mon bébé ne serait probablement pas passé, vu son gabarit et son tour de tête important (37 cm). Il était étonné qu’on ne m’ait pas avertie de cela aux échographies.
Mais une issue positive
Heureusement, mon accouchement s’est tout de même bien déroulé. Je suis contente d’avoir écouté mon intuition et de ne pas avoir insisté pour la voie basse, même si c’était un rêve pour moi. J’avais été très frustrée d’accoucher par césarienne pour ma fille aînée et qu’on la programme si tôt (à 39 SA).
Cette deuxième grossesse a, au contraire, joué les prolongations, puisque mon bébé est né 4 jours après le terme. J’ai ainsi pu en profiter plus longtemps, ce qui m’a fait du bien car j’adore être enceinte (et que c’était fort probablement ma dernière grossesse).
Voici donc le récit de mon accouchement solo, un moment fort et une rencontre magique avec mon bébé. ☺️ Au final, je ne me suis pas sentie si seule que ça. Ma maman était là et mon papa aussi après la naissance. C’était très réconfortant pour moi d’avoir mes deux parents présents en même temps (ils sont divorcés depuis 20 ans).
L’absence du papa de mon bébé n’a pas été douloureuse et ne l’est toujours pas deux ans après sa naissance. Il reste simplement une blessure et une grosse incompréhension qu’il n’ait jamais pris de nos nouvelles, mais je l’accepte mieux avec le temps.
Dans le prochain et dernier épisode de cette série, je vous raconterai le début de vie de mon bébé, depuis le séjour à la maternité jusqu’au retour à la maison et aux premières semaines de vie à trois avec ma fille aînée. 🙂
Série « Comment j’ai eu un bébé seule »
Rédactrice web et formée à la pédagogie Montessori, je suis passionnée par tout ce qui touche à la maternité, l’enfance, l’éducation et les voyages. Portée par une forte envie de partage, je vous livre ici mon vécu, mes réflexions, mes astuces, mais aussi des informations importantes sur tous ces sujets.
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