Ma grossesse surprise : cette redirection dans ma vie
Dans cet article, je vous explique en quoi ma grossesse surprise a été une redirection dans ma vie. C’est une intuition forte que j’ai eue dès le départ, mais elle était mêlée à de l’incompréhension, et aussi à beaucoup de peurs. Plus de deux ans après, mon bébé ayant un an et demi, j’ai ce recul qui me confirme que je ne me suis pas trompée. Je vous livre tout cela, avec l’espoir que ça vous éclaire un peu dans vos ressentis, si vous-même êtes confrontée à ce choix difficile de garder ou non votre bébé.
Cette intuition d’une logique de la vie…
Au tout début de ma grossesse, lorsque je me suis retrouvée seule, car le géniteur ne voulait pas du bébé, je me suis aussi retrouvée dans l’incompréhension.
Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait car, dans ma vie, j’avais souvent constaté avec le recul que beaucoup d’événements semblaient être orchestrés. Il y avait comme une cohérence entre ces évènements, lorsque j’observais le tournant que prenait ma vie ensuite. Ils étaient comme les déclencheurs d’autre chose, qui semblait couler de source lorsque je regardais en arrière.
Pour cette grossesse, j’ai eu rapidement ce sentiment qu’elle apportait une redirection à ma vie. J’avais du mal à voir en quoi au départ, mais cette intuition était très forte.
Mais beaucoup d’incompréhension
Au départ, c’était surtout de l’incompréhension. Je me disais « tout ça pour ça ». Je regrettais tellement, à ce moment-là, que la nouvelle chance que j’avais donnée à mon partenaire de l’époque ait abouti à une grossesse sans papa.
Une relation vouée à l’échec
En effet, je savais depuis un moment que ma relation avec le géniteur de mon bébé était vouée à l’échec. Nous avions connu une phase de rupture pendant plusieurs semaines, bien avant ma grossesse. Mon ex avait beaucoup insisté pour qu’on se remette ensemble.
Moi je ne le voulais pas vraiment, car je savais que nous étions incompatibles (avec le recul, c’était bien pire que ça). Mais j’étais encore amoureuse de lui. J’avais du mal à vivre avec ces sentiments, sans lui, bien qu’il ne me faisait pas de bien, et qu’il était régulièrement horrible avec moi.
Je suis tout de même retournée avec lui, mais avec des conditions. Et je le considérais comme en sursis. Car il me promettait qu’il deviendrait un homme bon, mais je savais bien que personne ne change réellement. Il semblait cependant tellement y mettre du cœur, que je me suis dit : je tente.
« Pourquoi ? »
Lorsque je me suis retrouvée enceinte seule, je me suis demandée pourquoi. Pourquoi je me retrouvais dans cette situation ? Pourquoi mon bébé était condamné à ne pas avoir de papa ?
Quelque part, je me sentais coupable… J’avais peur que mon enfant vive mal le fait de grandir sans père. Je m’en voulais d’être retournée avec cet homme, de lui avoir accordé une chance, alors que je savais très bien que c’était sans issue.
La décision de garder mon bébé : une réécriture de mon avenir
Malgré cette culpabilité, je gardais cette intuition que ma vie prenait une redirection. En effet, dès que j’ai eu mon test positif, et que je me suis posé la question de garder ou non cet enfant, j’ai réexaminé toute ma vie, ainsi que mon avenir. Je voulais savoir si ce serait possible pour moi d’avoir ce bébé, dans ma vie actuelle, mais surtout en étant seule. À cet instant, c’est mon futur que j’ai réécrit dans ma tête.
Avant ma grossesse : un avenir sans joie, ni sens
Avant ma grossesse, mon avenir étaient incertain, les années à venir étaient floues. J’étais maman d’une fille unique de 10 ans, et j’approchais la quarantaine. Voici comment je voyais les années à venir : m’occuper de ma fille, l’école, mon travail de rédactrice Web, des missions aléatoires et incertaines, voir de temps en temps mon partenaire… Tout cela manquait grandement de sens à mes yeux.
Avec mon ex, nous n’avions pas de projets communs. Nous étions condamnés à vivre à distance. Aucun de nous ne voulait bouger :
- Lui bloqué par ses enfants dont il avait la garde alternée.
- Moi coincée par l’école alternative de ma fille, à laquelle je ne voulais pas renoncer, car il n’en existait pas vers chez lui. Et puis, je n’avais pas envie de tout recommencer, encore. Je venais tout juste de m’installer dans ma nouvelle région. Ma fille et moi avions besoin de stabilité.
Au-delà de la distance, nous n’avions pas de perspective de vie commune, tout simplement parce que je n’en avais pas envie (et lui non plus) :
- Ma liberté durement acquise m’était trop précieuse. J’appréciais de vivre seule avec ma fille, après les épreuves que j’avais traversées (dont je m’étendrais dans d’autres articles).
- Mais surtout cet homme avait un caractère insupportable à vivre au quotidien. Il était souvent de mauvaise humeur, sans raison apparente, et ne supportait pas non plus ma fille. Il nous menait la vie dure lorsqu’il était là. Je l’avais d’ailleurs quitté pour cette raison. Et lorsque nous nous étions remis ensemble, j’avais refusé de le revoir en présence de ma fille, ni même de ses enfants d’ailleurs, car il devenait exécrable quand il était avec eux aussi. Avec moi, ça allait à peu près… Je dis bien à peu près.
Ce bébé : un nouveau monde s’ouvre à moi
Mon avenir était donc assez flou, et pas très épanouissant du point de vue de la vie de couple. Il se résumait à une vie de mon côté, et quelques instants avec lui par ci par là…
C’est pour cela que, lorsque j’ai découvert ma grossesse, c’est comme si un voile s’était levé tout à coup :
– Comme si un nouveau monde s’ouvrait à moi.
– Comme si je savais à présent à quoi mon avenir ressemblerait.
– Comme s’il avait enfin pris forme.
– Comme si le vide qui s’annonçait était enfin comblé.
J’allais donner naissance à mon enfant et, ces prochaines années, j’allais le voir grandir. Ce fut un sentiment vraiment fort.
Deux ans après : alors cette redirection ?
Deux ans après je peux le dire : cette intuition de redirection était réelle, mais ce que je ne savais pas, c’est qu’elle va bien au-delà de ce que j’imaginais à l’époque.
Cela me tient à cœur de vous en parler, pour vous montrer l’importance de s’écouter. Cela trouvera peut-être un écho en vous, si vous êtes aussi à un virage de votre vie où vous vous demandez quoi faire. Où votre cœur vous susurre quelque chose, mais votre tête se bat contre lui, et vous avez du mal à faire du tri dans vos idées. C’est finalement quelque chose qui est valable pour tellement de choses dans la vie !
Voici donc ce que m’a apporté mon bébé surprise.
Une deuxième maternité que je n’espérais plus.
J’étais maman d’une fille unique avant ma deuxième grossesse, et j’avais renoncé à avoir un autre enfant. En effet, je prenais de l’âge, et mes relations amoureuses ne me semblaient pas assez solides pour avoir, ne serait-ce que l’idée, d’avoir un autre enfant avec un de ces hommes.
Pourtant, je m’étais toujours vue avec deux enfants. J’avais énormément refoulé cette envie, au point de penser que cela m’était égal. Je pensais ne plus vouloir d’enfant.
Si bien que lorsque j’ai fait mon test de grossesse, ce désir de deuxième bébé a surgi, telle une « claque ». J’ai d’ailleurs compris pourquoi je m’étais sentie si incomplète jusqu’alors. J’ai réalisé que je cherchais inconsciemment à combler dans les relations amoureuses cette place qu’occupe désormais mon fils. C’est pourquoi aujourd’hui, je ne ressens plus le besoin d’être en couple.
Mettre derrière moi la relation toxique avec son géniteur
Mon bébé m’a aussi permis de me débarrasser de cette relation avec son géniteur, profondément toxique pour moi. Sans lui, je serais restée des années à perdre mon temps avec cet homme, et surtout à me laisser empoisonner.
Au fil des mois, j’ai pris du recul sur cette relation, et sur le comportement de mon ex partenaire. J’ai beaucoup réfléchi, je me suis aussi faite aider pour cela. Je suis sortie peu à peu de l’emprise, du brouillard dans lequel il m’avait enfermée.
Et j’ai vu la réalité : rien dans cette relation n’était vrai. Cet homme s’était servi de moi, comme on se sert d’un objet qu’on convoite. Il ne m’avait jamais aimée, mais surtout il m’avait maltraitée psychologiquement.
La seule chose qui était vraie, c’était mon amour à moi, celui que je ressentais, non pas pour lui, mais qui m’habitait, et qui m’habite toujours. J’ai pris conscience de ma capacité à aimer et à vibrer fort, ce qui n’a rien à voir avec lui, ni avec n’importe quelle personne extérieure. Aujourd’hui, je la mets à profit pour moi : j’en parle dans mon article « Maman solo : comment être heureuse ?« .
Une redirection professionnelle alignée
Mon bébé m’a aussi poussée à changer d’activité professionnelle. Cette redirection-là est tellement précieuse !
L’envie de travailler avec mon bébé
Dès ma grossesse, j’ai eu envie de garder mon tout-petit moi-même, après le congés maternité, et de ne pas le confier en crèche et en nounou.
C’était cohérent avec mon parcours : j’avais déjà adapté ma vie professionnelle pour ma fille aînée, à partir de ses 3 ans, pour être plus disponible pour elle. Je travaillais déjà de chez moi depuis des années.
Mais avec un bébé, et seule, je me suis vite aperçue que je ne pourrai pas continuer mon activité de rédactrice Web. C’est un métier trop prenant, trop exigeant ; je ne pouvais plus tenir les délais de mes clients. C’était de toute façon un métier surtout alimentaire pour moi. Cela n’a rien à voir lorsqu’on écrit pour soi, sur des sujets qu’on choisit et qui nous anime.
Ce blog : ma nouvelle activité professionnelle
Depuis des années, j’avais envie d’ouvrir un blog, mais je n’avais jamais trouvé le temps, et il me manquait le principal : le thème. Après la naissance de mon bébé, il s’est imposé tout naturellement. 😊 Je vous en parle davantage dans cet article.
Pour la première fois de ma vie, j’exerce une activité 100% alignée avec moi. Je prends beaucoup de plaisir à écrire ces articles, à choisir les sujets que je veux aborder, et à les rédiger avec le cœur et sans contrainte. Et voir que mon site est de plus en plus visité, alors qu’il est tout jeune (à peine 4 mois au moment où j’écris ces lignes), me fait vraiment chaud au cœur !
J’ai découvert une nouvelle façon de travailler, en accord avec mes élans créatifs. J’en parlerai davantage dans d’autres articles.
L’épanouissement dans la maternité solo
Mon bébé m’a fait aussi réaliser à quel point j’aime la vie de maman solo.
D’une maternité solo lourde et subie …
Lorsque j’étais seule avec ma fille, cette vie-là était un fardeau. Je me sentais débordée, la solitude parentale me pesait. C’était très dur pour moi d’accepter d’être seule avec elle, de sortir du modèle papa-maman-enfant (bien que son père, en tant que personne, ne me manquait pas du tout).
La réalité était lourde : la parentalité n’était partagée que sur le papier. J’étais seule responsable de ma fille , seule à gérer son quotidien et son éducation. En effet, son papa vit loin et ne la prend que pendant les vacances. En plus de ça, il se désintéresse du volet éducatif, et ne gère que les loisirs lorsqu’elle est avec lui. Il a aussi toujours beaucoup critiqué la manière dont je m’occupe de notre enfant. À l’époque, cela me faisait encore beaucoup de mal.
Dans ce contexte, lorsque je suis tombée enceinte et que je me suis retrouvée seule, je me suis dit : « C’est mon destin d’être seule avec mes enfants ? Je n’ai pas le droit d’avoir une famille, un couple qui marche, moi ? ». Je voyais cela comme une grande injustice.
À une maternité libérée et épanouie
Et pourtant, ce fut une libération. La naissance de mon bébé solo a été une renaissance pour moi. En effet, désormais, même si mon quotidien est encore plus difficile qu’avant, il prend du sens, car je vis une maternité libre, cette fois.
Je sens qu’être maman solo est ma nature profonde. Je suis épanouie ainsi avec mes enfants, et libérée des contraintes que j’avais connues avec le père de ma fille aînée, et qui m’ont tant abîmée. D’ailleurs, si j’avais su tout ça avant, j’aurais certainement fait mes enfants seule, via la PMA.
Une liberté intérieure et extérieure
La venue de mon bébé solo et l’expérience avec son géniteur m’ont aussi amenée à reconsidérer mes relations. J’ai fait du tri dans mon entourage, car je me suis aperçue assez tristement que très peu de personnes étaient vraiment là pour moi. J’en parle davantage dans mon article « Comment la maternité solo m’a préservée dans mes relations ?« .
Cela a été, contrairement à ce que l’on pourrait croire, positif. En effet, j’ai redirigé l’énergie que je donnais à ces personnes pour moi, j’ai appris à me nourrir moi-même. Et je suis ainsi sortie de la dépendance affective qui me poussait à m’attacher aux mauvaises personnes.
Aujourd’hui, je suis peu entourée, mais cela me va. Je suis surtout absorbée dans la construction d’une vie en accord avec moi-même, et d’une profonde stabilité avec mes enfants.
Voici donc comment ma grossesse surprise m’a permis de prendre un nouveau départ, beaucoup plus aligné avec moi-même. Je suis bien, aujourd’hui, car en plus d’être épanouie, je vois mon bébé heureux dans cette configuration familiale.
J’espère que mon article vous aura apporté un certain éclairage, si vous aussi êtes confrontée à une grossesse surprise. Je ne peux que vous encourager à suivre votre instinct. Vous ne vous tromperez pas de chemin si vous suivez votre cœur.
Et si vous avez besoin de parler, je suis bien sûre disponible par mail. Je me ferai une joie de vous lire et de vous répondre.
Rédactrice web et formée à la pédagogie Montessori, je suis passionnée par tout ce qui touche à la maternité, l’enfance, l’éducation et les voyages. Portée par une forte envie de partage, je vous livre ici mon vécu, mes réflexions, mes astuces, mais aussi des informations importantes sur tous ces sujets.
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