Maman solo au Quotidien

Grossesse surprise : que faire ?

Vous venez de découvrir votre grossesse surprise : c’est le choc, ce n’était pas du tout prévu. Vous êtes complètement perdue, votre tête vous dit une chose, votre cœur vous en dit une autre. Sans compter toutes les peurs qui se bousculent dans votre esprit. Vous ne savez pas quoi faire. Ce vertige que vous ressentez, je l’ai aussi vécu. Pour peu que l’entourage essaie de mettre son grain de sel, je sais combien cette situation est difficile à traverser. Vous vous demandez peut-être si vous devez écouter l’avis de vos proches, et peut-être aussi si vous devez suivre celui de votre conjoint. Vous ressentez possiblement de la culpabilité à vouloir autre chose que ce qu’on vous conseille. Ce que vous vivez est une expérience que beaucoup de femmes traversent, chacune à sa manière. J’espère que cet article vous éclairera et vous apportera des pistes de réflexions, pour que vous puissiez prendre la décision avec laquelle vous vous sentez le plus en accord.

Prenez votre propre temps de réflexion

Après la découverte de votre grossesse, la toute première chose à faire est de prendre si possible un temps de réflexion pour vous, à l’écart des influences extérieures. Vous êtes en effet la seule à pouvoir prendre la décision de la poursuivre ou non. Quel que soit le choix final, c’est vous qui serez impactée, dans votre vie, mais aussi dans votre corps et votre cœur.

La première impression est capitale

Pour y voir plus clair, essayez de vous reconnecter à votre toute première impression lorsque vous avez su que vous étiez enceinte. Elle est souvent là, juste avant la sidération et/ou les peurs qui arrivent en cascade. Étiez-vous contente ? Heureuse ? Surprise ? Effrayée ? Triste ? Votre ressenti initial peut parfois donner une idée de ce qui se joue profondément en vous.

Attention à l’influence de l’entourage

Vous devez aussi faire attention à l’influence de votre entourage. Quelle que soit la décision que vous prendrez, garder l’enfant ou avorter, celle-ci doit être la vôtre, afin que vous puissiez la vivre de la meilleure façon possible. Vous avez le droit de décider pour vous.

Il est bien sûr possible, et même conseillé, de faire appel à une personne extérieure, que ce soit un proche ou un professionnel, mais il est important que ce tiers reste neutre. Ce dernier doit être capable d’accueillir vos ressentis et vos peurs, sans vous dire ce que vous devez faire. Vous avez surtout besoin de vous sentir entendue, comprise et soutenue, et surtout pas jugée.

L’entourage proche a, au contraire, souvent un avis tranché, mais aussi des peurs qu’il peut projeter sur vous, ce qui peut apporter de la confusion. Je sais d’expérience qu’on a déjà tendance à être perdue, et il peut être très compliqué de devoir porter, en plus, les peurs des autres.

La question du père

Le futur papa peut, bien entendu, exprimer ce qu’il ressent, il est aussi concerné. Cependant, il ne peut pas choisir à votre place, et ne peut prendre la décision finale.

C’est en effet un choix qui implique votre corps : une grossesse ou un avortement n’est pas neutre pour une femme. Il est donc extrêmement difficile de s’imposer une épreuve, sans être totalement en accord avec l’option choisie.

Dans un cadre respectueux, un conjoint prendra conscience que cette décision vous appartient et cherchera à vous soutenir, même si cela le confronte à ses propres peurs. Il assumera sa part de responsabilités dans la survenue de cette grossesse (qui peut arriver même sous contraception) et ne vous imposera pas d’issue.

Il arrive néanmoins, dans certains cas, que le conjoint choisisse de prendre ses distances si la décision ne correspond pas à ce qu’il se sent capable d’assumer, comme ce fut le cas pour ma part.

Le temps est votre allié

Un avortement, vécu comme contraint ou non pleinement choisi, peut parfois laisser des traces psychologiques. La grossesse, peut en effet modifier une vie et un psychisme, même si elle est courte.

Il est donc important de s’accorder un temps suffisant pour ce délai de réflexion. Il est préférable que le choix final ne soit pas tranché si vous hésitez encore sur l’issue. Le délai légal d’avortement (voir ici) doit bien sûr être pris en compte, mais ce n’est pas parce que vous prendrez une décision rapide que celle-ci sera forcément facilement derrière vous.

L’évolution de votre ressenti au fil du temps peut parfois éclairer ce qui vous semble le plus juste.

Vos peurs ne représentent pas forcément votre volonté

En prenant du temps pour réfléchir, vous allez aussi pouvoir faire du tri entre les éventuelles peurs qui peuvent arriver, et parfois submerger. Elles peuvent camoufler votre volonté, mais gardez bien en tête qu’elles ne représentent pas forcément votre souhait final. Il est donc important d’arriver à faire la part des choses pour ne pas prendre une décision qui ne serait pas alignée avec ce que vous ressentez profondément.

Les peurs sont d’ailleurs souvent normales : elles permettent de se projeter pour se confronter psychologiquement à la situation. Mais elles peuvent aussi souvent être amplifiées et ne pas représenter la réalité : elles ne doivent donc pas prendre le dessus. Il est en effet difficile de savoir à l’avance comment sera la réalité avec un enfant : chaque vécu est différent, et chaque manière de le traverser également.

Votre instinct, ou votre ressenti profond, peut peu à peu émerger derrière le tumulte des peurs. N’oubliez pas non plus qu’aucune peur n’est insurmontable, et que les trajectoires de vie peuvent évoluer de manière inattendue.

Soyez à l’écoute de votre corps

Il est aussi possible de trouver des indices précieux pour votre prise de décision dans ce qui se passe dans votre corps. Il n’est pas forcément évident de différencier ces ressentis corporels des peurs, c’est pour cela que je n’aborde cette partie que maintenant.

Mental VS corps

Voici quelques pistes pour essayer de différencier ce qui a trait aux peurs et à votre ressenti profond :

  • Une peur passent souvent par le mental : elle peut se manifester par une angoisse, des scénarios catastrophes, des « et si » (« et si c’était trop dur ? », « et si je n’y arrivais pas ? », « et si je me retrouvais seule ? »…), etc.
  • Votre corps, lui, peut s’exprimer via des réactions physiques précises : inconfort, nœud à l’estomac, gorge qui se noue, difficultés à manger, passages aux toilettes fréquents pour se « vider »…
    Vous ne somatisez pas : ces signaux peuvent parfois indiquer un conflit intérieur qui mérite d’être écouté.

Le sentiment de paix, de calme ou de joie peut, au contraire, être un indicateur d’une décision alignée avec soi-même. Parfois, ce n’est pas une joie franche, mais un simple soulagement ou une moindre tension ressentie.

🗨️ Mon expérience (qui m’est propre, et qui n’est pas universelle) : malgré mes peurs à l’idée de garder mon bébé, j’étais dévastée à l’idée d’avorter. Je me sentais glisser dans un état de profond désespoir, duquel je sortais presque instantanément en envisageant de poursuivre ma grossesse. Cette dernière option, même si elle était vertigineuse, me faisait au contraire ressentir de la joie, voire de la paix. Mais j’étais aussi très envahie par mes peurs, et cela a pu générer des moments de doutes, même après ma prise de décision.

Astuce pour y voir clair

Si vous avez du mal à faire le tri dans ce que vous ressentez, vous pouvez aussi trouver des indices dans votre état au réveil, que ce soit en pleine nuit ou au petit matin. Lorsque vous vous réveillez, juste avant que le mental ne reprenne le dessus, votre tête est vidée, et des instants de lucidité peuvent apparaître.

💡Vous pouvez noter, tous les matins, votre ressenti brut au réveil, afin de vous y référer plus tard, et de voir si une certaine cohérence ressort de ces moments-là.

Prenez rendez-vous avec un Centre de Santé Sexuelle

Si vous hésitez encore sur la décision à prendre, ou si vous choisissez l’avortement, vous pouvez prendre rendez-vous avec le Centre de Santé Sexuelle le plus proche de chez vous, ou bien avec votre professionnel de santé qui vous orientera. Ces centres sont aussi appelés Centres de Planification Familiale ou Centres de Planification et d’éducation familiale (CPEF).

Ce rendez-vous ne vous engage à rien. Un temps de réflexion est généralement proposé à son issue, afin vous permettre de mûrir votre décision.
⚠️ Ce délai de réflexion n’est plus obligatoire depuis 2016, mais vous avez le droit d’en prendre un. Aucune décision ne doit être imposée, ni pressée.

Si vous souhaitez poursuivre votre grossesse, vous pouvez directement consulter votre médecin, votre sage-femme ou votre gynécologue, mais certains centres de santé sexuelle assurent aussi le suivi de grossesse.

Les deux étapes du premier rendez-vous en Centre de Santé Sexuelle

Le premier rendez-vous en Centre de Santé Sexuelle comprend généralement une échographie de datation (souvent par voie vaginale), ainsi qu’un entretien pour vous guider dans votre prise de décision.

Échographie de datation

L’échographie de datation permet de dater la grossesse, afin de connaître le temps restant pour réaliser, si c’est votre choix, un avortement, et quelle méthode est possible (voir ci-dessous).

Sachez que, pendant cet examen, vous n’êtes pas obligée de regarder l’écran, ni d’entendre l’activité cardiaque, si vous ne vous en sentez pas capable. N’hésitez pas à en parler au gynécologue avant le début de l’échographie, celui-ci adaptera les conditions d’examen à votre souhait.

Entretien psychologique

Lors de ce rendez-vous, vous aurez aussi un entretien avec une sage-femme ou un autre professionnel de santé. Le but est d’aborder les pistes de réflexion qui pourront vous aider à prendre votre décision. Parfois, la simple écoute d’une personne neutre permet de clarifier les choses en soi.

⚠️ Vous ne devez sentir aucun jugement de la personne à qui vous parlez. Celle-ci ne doit pas vous orienter dans un choix ou dans l’autre, et encore moins vous faire culpabiliser. Si vous avez ressenti quelque chose de cet ordre, sachez que cela n’est pas normal. N’hésitez pas à solliciter l’écoute d’un autre professionnel de santé si besoin.

Quand prendre ce rendez-vous ?

Même si ce n’est pas toujours le premier réflexe lorsqu’on découvre sa grossesse surprise, il est intéressant d’appeler assez rapidement pour planifier le rendez-vous. Il peut y avoir un peu de délai pour le fixer, et c’est mieux de ne pas trop tarder pour pouvoir disposer de différentes options, et choisir celle qui vous semble la plus juste.

🗨️ Dans mon cas, le rendez-vous a été fixé une semaine après, ce qui m’a semblé très loin sur le moment. Mais ce laps de temps est important pour mûrir sa réflexion, et se donner la chance d’être en accord avec sa décision.

Quel est le délai légal pour avorter ?

Le délai légal pour avorter est de 16 semaines après le 1er jour des règles (16 semaines aménorrhées ou 16 SA), ce qui équivaut à 14 semaines de grossesse réelles (14 SG), soit environ 3 mois de grossesse.

Selon l’avancée de la grossesse, il est possible de choisir entre deux méthodes d’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) :

  • Par médicament : jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse (7 SG), soit de la 9ème semaine aménorrhée (9 SA), selon les conditions et le lieu de prise en charge.
  • Par chirurgie (aspiration) : jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse, soit de la 16ème semaines aménorrhée.

⚠️ Pour les jeunes filles mineures, il n’est pas nécessaire d’avoir l’accord des parents pour pratiquer une IVG. Vous pouvez néanmoins, si vous le souhaitez, vous faire accompagner par l’adulte de votre choix.


J’espère que cet article vous aura apporté quelques pistes concrètes pour vous aider à prendre cette décision qui, je le sais, n’est pas facile du tout.

Ne restez pas seule avec vos questionnements : faites appel à un professionnel de santé de confiance (votre médecin traitant, votre sage-femme, votre gynécologue…).

Comme vu dans cet article, vous pouvez aussi trouver de l’aide dans un Centre de Santé Sexuelle.

Vous avez aussi accès à des consultations avec des psychologues en maternité : j’y ai moi-même fait appel. Ces professionnels ont l’habitude de rencontrer des femmes qui sont confrontées à ce type de situations. Vous y trouverez certainement une bonne écoute, que ce soit avant, pendant ou après votre prise de décision, quelle qu’elle soit.

Bon courage ❤️

🌸 Moi c’est Rachelle, Maman solo de deux enfants, dont un bébé sans papa.
Rédactrice web et formée à la pédagogie Montessori, je suis passionnée par tout ce qui touche à la maternité, l’enfance, l’éducation et les voyages. Portée par une forte envie de partage, je vous livre ici mon vécu, mes réflexions, mes astuces, mais aussi des informations importantes sur tous ces sujets.

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